Exposition au Haut-Château d’Essey-lès-Nancy du 12 au 20 juin 2010 de 14 à 18 heures en semaine et de 14 à 19 heures les samedis et dimanches.

Deux artistes,

Delphine PROVOST-BRIERY, peintre

et Marie France ANCÉ, sculpteur

vous invitent à participer à une réflexion croisée

sur le monde contemporain et ses paradoxes.


TEXTES

  DISCOURS DE M-C SELLIER 

Marie-France ANCE : vous êtes enseignante à la retraite. Vous avez travaillé au centre de soins de l’EREA à Flavigny, Etablissement Régional d’Enseignement Adapté, qui accueille des jeunes élèves de 11 à 25 ans présentant un handicap moteur associé ou non à des troubles neuro-cognitifs et qui poursuivent en internat leur scolarité avec le projet d’obtenir un diplôme. Les arts plastiques vous ont -m’avez-vous dit -toujours passionnée, et c’est assez naturellement que vous vous êtes tournée, votre carrière d’enseignante achevée, vers la sculpture. Vous faites partie de l’Association des Peintres Lorrains et vous avez depuis 2007 participé à de nombreux salons, à Nancy, (Poirel, le Conseil Général), à St Dié, à Gerardmer.
Delphine PROVOST-BRIERY : vous êtes passionnée de peinture et de dessin depuis l’enfance, vous avez suivi après un bac A3 une formation arts plastiques pendant 5 ans à l’université de St Etienne où vous avez obtenu un diplôme d’études approfondis. Vous faites également partie des Artistes Lorrains, vous avez à ce titre participé aux salons qu’ils organisent chaque année. Et vous avez à votre actif une cinquantaine d’expositions, dont celle récente de Villers, Attitudes 5, qui se déroulait en mai.
Il y a des hasards heureux comme celui qui vous a fait vous rencontrer. L’amitié en a surgi. Vos routes se sont croisées et vous est venu l’idée d’exposer ensemble pour la première fois. Nous ne sommes pas peu fiers que vous ayez fait le choix de vous installer jusqu’au 20 juin dans ce cadre du Ht Château qui se prête à merveille à vos tableaux et à vos sculptures.
Vos univers sont certes différents mais se marient ô combien parfaitement. Ils nous renvoient l’image dure d’un monde contemporain sans pitié, d’un homme que l’animal côtoie pour ne pas nous faire oublier que nous faisons partie intégrante de ce monde animal, d’une descente vers la vieillesse qui fait réfléchir à l’heure où l’on nous annonce qu’une fille sur 2 qui nait aujourd’hui vivra centenaire. Et la question subséquente : est-ce monde que nous voulons ? Avons-nous d’autres choix ? La réponse n’est pas ici mais vous nous invitez à nous la poser. Certes votre art n’est pas joyeux ni primesautier, il est une manière utile de nous interroger sur notre devenir en tant qu’individu et en tant que société.
Voilà je crois ce qui fait toute la valeur et l’intérêt de votre exposition, à mi-chemin entre spectaculaire et réflexion. C’est un pari difficile mais c’est ainsi que vous l’avez conçu, on y sent une grande conviction et beaucoup de fond.
Aussi et pour conclure, je veux au nom de la Municipalité vous remercier de faire rayonner la culture sur Essey et bien au-delà de nos murs. Ombre et lumière, ce sont les mots qui me viennent à l’esprit en regardant votre travail tant il est vrai que l’un ne va pas sans l’autre, qu’il ne faut pas se voiler la face mais au contraire affronter avec courage et volonté tous les aspects de l’humain et de notre humaine condition. Je le dis avec force et avec la plus grande conviction. Bon vent à votre exposition et merci encore à Marie-France ANCE et Delphine PROVOST-BRIERY d’être qui vous êtes et ce vous faites.




  DISCOURS DES DEUX ARTISTES 
 
Delphine : Monsieur le Maire,
Madame la déléguée à la vie culturelle et à l’animation de la ville,
Il y a quelques mois, nous décidions de monter ensemble cette exposition: «Corps et âmes».
Profondément attachées, l’une comme l’autre au «Vivant », nous avons dès lors orienté nos recherches et réflexions autour de ce thème phare, tout en nous plaçant dans des dimensions temporelles différentes.
Je peins la durée, le mouvement, le réel, le tragique, la violence dans des espaces monochromes parfois criards. J’ai choisi d’explorer la peinture du Non Dire et, quelque part, du Pire.
Par la mise en scène insolite d’êtres vivants, hommes, femmes, enfants, bestiaire singulier (lévriers, singe), je cherche à soulever un questionnement, à frapper le spectateur jusqu’au plus intime de lui-même.
Dans ces mondes clos, étouffants, j’essaie d’exprimer la sensation, le désir, l’effroi et donne à voir la vie.
L’être vivant est fixé dans un perpétuel présent et restitué dans sa sincérité d’Ame la plus dépouillée.
Peindre des nus, s’affirmait comme une évidence. Délestés de leur enveloppe vestimentaire, sans repères anecdotiques, les personnages jaillissent sans faux-semblants.
Sous les chairs, suinte la vie.
Dans chaque toile, toute une vie se dégage. La réalité émeut, fascine, effraie, émerveille mais ne séduit pas.
L’exposition vous invite à traverser le miroir et à réfléchir sur l’indicible et le Non Voir.

Marie-France : Comme tout artiste, je ressens les vibrations du monde; mes oeuvres se veulent des révélateurs de société, le plus souvent, sous forme de questions ouvertes.
Dans cette exposition, trois grands thèmes se dégagent :


-Le premier, « Machines à entropies »présente des assemblages d’objets recyclés, d’outils anciens dont la fonction est détournée. Cette série traite des activités humaines et de leurs conséquences. L’inertie, la dégradation de l’énergie touchent ici à l’absurde. Les humains en sont absents et n’y figurent qu’en creux, victimes des systèmes qu’ils ont eux-mêmes créés et qu’ils ne maitrisent plus.
Si la société actuelle définit des profils humains toujours plus performants, qui doivent s’adapter à la compression du temps, à des facteurs environnementaux perturbants, est-ce que cette vibration monstrueuse, permanente et toujours accrue des activités humaines est bien nécessaire au bonheur de l’homme ?


-Le deuxième thème « Horreurs sublimes » aborde les problèmes éthiques liés aux avancées technoscientifiques dans les domaines de la médecine procréative, de la génétique, des neurosciences ou encore de la chirurgie plastique.
Saurons-nous faire de ces intrusions dans le vivant, un vrai progrès pour l’humanité ?


-quant au dernier thème, « Nécessaires illusions », il interroge la difficulté d’être comme de disparaître dans des sociétés où le sensible est souvent occulté mais la violence elle, est omniprésente.


Quel monde voulons-nous ?
C’est la question que je vous pose ici, au travers de ces oeuvres…
Elles demandent à être regardées au-delà des apparences ; ce sont des objets complexes et silencieux qui attendent immobiles d’être traversés.
Ceux qui les regardent ne peuvent rester eux-mêmes immobiles ; il faut se déplacer au sens propre comme au figuré pour tenter de leur donner une vérité, celle de la rencontre personnelle avec une autre réalité…
Dans la scénographie de l’exposition, nous avons tenté d’établir des correspondances entre nos œuvres ; peut-être vous apparaîtront-elles ?



Delphine : Merci monsieur le Maire de nous avoir accueillies dans vos locaux et soutenues dans notre projet, et merci à toutes les personnes qui nous en ont facilité la réalisation.

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